Comptes de taxes 2019: nos exigences

12 Fév

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1) Comptes de taxes 2019 : Madame Plante a respecté sa promesse. Elle a repris notre constat: on ne peut plus presser le « citron » des taxes foncières! Tant mieux, mais ….

À la différence de l’an dernier où le taux d’augmentation moyen de taxes foncières a atteint 3,3% pour la catégorie résidentielle, son administration a cette année a augmenté les taxes de 1,7% en moyenne, soit au taux d’inflation. Bravo! Mais pour les gens dans les quartiers recherchés où les hausses de taxes peuvent atteindre 7 % ou plus, il faut des vraies mesures d’aide pour les petits propriétaires de 5 logements et moins. Ils doivent pouvoir garder leur chez soi.

2) Montréal pour tous continue d’exiger:

A) à court terme un programme municipal de soutien temporaire à ces personnes, comme il en existe un à la ville de Laval;

B) des pressions accrues sur le gouvernement du Québec pour une nette amélioration et un élargissement du « Programme québécois de subvention aux aînés pour faire face aux hausses de taxes foncières »;

C) la mise en place d’un comité d’étude de l’ensemble de la fiscalité résidentielle et non-résidentielle à Montréal et des moyens d’atténuer les hausses de taxes tant pour les petits propriétaires, petits commerçants et ateliers d’artistes ainsi que leurs effets sur le coût du logement et des loyers. Ce comité pourrait analyser la pertinence et la faisabilité de mesures telles que :

–la création d’un programme gouvernemental de prêt à taux réduit pour les propriétaires en difficulté leur permettant de reporter leurs paiements d’impôts fonciers;

–la mise en réserve des terrains et bâtiments pour fins publiques;

–l’octroi de permis conditionnel à la sauvegarde du logement locatif à coût moindre;

–l’utilisation du zonage pour préserver la tenure locatives; ces 3 mesures prônées par L’IRIS

3)Témoignages vécus qui justifient nos demandes: celui d’une propriétaire :

-« J’ai perdu mon mari. Sans son salaire je ne pouvais plus rester sur le Plateau que moi aussi j’ai en horreur maintenant. J’ai vécu là plus de 32 ans et je n’avais pas le choix que de vendre je venais de perdre mon conjoint et pour m’achever je devais quitter la maison où ma fille est née et où mon mari est décédé. La gentrification c’est pas une blague et je l’ai vécu je me suis même pour boucler la boucle taper une dépression suite à cela. » Malika K.

–témoignages de locataires et petits commerçants victimes d’expulsions:

https://ici.radio-canada.ca/nouvelle/1135791/saint-henri-gentrification-sud-ouest-eviction-loyers-regie

4) SVP Appuyer le Pacte pour la transition initié par Dominic Champagne:    info@lepacte.ca

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Bibliothèque de Pierrefonds-Roxboro: des pratiques frauduleuses dénoncées

29 Jan

D’abord Madame Brigitte Bishop, Directrice du Bureau de l’Inspecteur Général (BIG) dénonce un entrepreneur qui exigeait une cotisation de ses sous-traitants selon le Devoir de ce matin.

https://www.ledevoir.com/politique/montreal/546544/rapport-du-big-un-entrepreneur-montrealais-exigeait-une-cotisation-de-ses-sous-traitants

Ensuite un citoyen qui a suivi de très près la vie municipale de cet arrondissement relate comment il a questionné et combattu cela, sans réussir à changer ces pratiques. Ce citoyen est membre de notre réseau, il a longtemps habité Pierrefonds-Roxboro et a présidé l’Association des Propriétaires Résidents de Pierrefonds-Roxboro (APRPR). Nous avons beaucoup collaboré avec cette association et son président.

Voici la lettre ouverte qu’il a fait parvenir  au journal 24 heures aujourd’hui.

« Objet: Des tactiques qui rappellent la commission Charbonneau. »

Cela ne m’a pas étonné de voir que le bureau du BIG aurait trouvé ce qui semble être un problème avec les couts associés au projet de la bibliothèque de Pierrefonds-Roxboro.

Quand j’étais jusqu’à récemment résident de cet arrondissement, je demandais très souvent au conseil plusieurs questions concernant les couts associés aux contrats et aux dépenses, comme exemple :

– Pourquoi par moments, le plus bas soumissionnaire obtenait un contrat pour simplement ensuite dans certains cas demander des couts additionnels et qui faisaient en sorte que le coût total du plus bas soumissionnaire n’était plus le plus bas

– Pourquoi voyait-on tellement de modifications à des contrats après que les contrats avaient été assignés?

– Pourquoi était-il si difficile pour les résidents de suivre les dépenses associées aux contrats?

– Est-ce que l’arrondissement ne pourrait pas mettre en place sur son site web des pages faciles d’accès aux résidents et sur lesquelles on indiquerait les dépenses associées aux contrats et gros projets en cours de construction? D’autres villes le font. Dans notre cas c’était laissé aux résidents de suivre les coûts et en faire la somme.

– Dans le cas de la bibliothèque de Pierrefonds-Roxboro l’association des propriétaires et résidents de Pierrefonds-Roxboro (APRPR) avait noté (en date d’aout 2017 et voir la page : http://aprpr.org/?p=7606 ) que même si le coût original de ce projet était originalement prévu par  l’arrondissement à $18,500,000, si on faisait la somme des dépenses associées le total était plutôt près de $26,979,701.73 soit une différence d’environ 46% de plus. Pourtant l’arrondissement présentait le total comme étant plutôt près de $24,400,000 millions qui est quand même une hausse d’environ 30%

– Le bureau du vérificateur général avait dans son rapport de 2015 critiqué et offert des recommandations sur un autre grand projet à Pierrefonds-Roxboro soit la construction de la piscine Valleycrest pendant l’année 2013 (on peut noter que c’était une année d’élections municipales). Le conseil et l’administration d’arrondissement ont-ils acceptés ces recommandations afin de mieux gérer les projets et aider à réduire les couts et lesquelles des recommandations ont été mises en place depuis ce rapport pour mieux protéger les résidents? Voir l’info à la page : http://aprpr.org/?p=7371

– J’ai toujours été inquiet en ce qui concerne les dépenses du surplus d’arrondissement. Quand les nouveaux budgets étaient adoptés on ne présentait jamais combien on anticipait prendre du surplus au cours de la prochaine année budgétaire. Et pendant l’année des dépenses étaient payées à partir du surplus et cela paraissait oui dans les procès-verbaux du conseil. Pourtant malgré les dépenses provenant du surplus, celui-ci semblait toujours rester à un montant plus ou moins fixe au fils des ans et il n’y avait pas de trace claire sur comment on retournait de l’argent au surplus. Je n’ai jamais pu comprendre la gestion du surplus et en conséquence cela me paraissait comme un risque.

-Pourquoi pas mieux se servir de données ouvertes pour surveiller les dépenses? Entre environ 2009 et 2017 j’ai miné manuellement tellement de procès-verbaux d’arrondissement pour y extraire des couûs associés aux contrats afin d’essayer de mieux informer les résidents. Si la ville pouvait publier ces données concernant les dépenses dans un format de données ouvertes et possiblement en temps réel, il serait possible d’utiliser des systèmes informatiques pour mieux informer les résidents et chercher pour des tendances inquiétantes dans les chiffres. »

Le rapport du BIG vient confirmer ses doutes, questions et prises de position. Bravo Lewis, se tenir debout face à de telles pratiques est exemplaire.

En finir avec le goulot d’étranglement des autoroutes 15 et 40 à Montréal

26 Jan

Dans le grand débat actuel sur l’aménagement urbain du Grand Montréal, au sujet du Projet Royalmount, voici une prise de position inédite et très éclairante d’un professeur de l’UQAM. Il propose de refaire les mauvais tracés d’autoroutes qui congestionnent à l’année longue les quelques kilomètres reliant la 15 à la 40, et ce, en utilisant le tracé d’une voie ferrée. Brillant.

https://www.ledevoir.com/opinion/idees/546436/il-faut-stopper-l-etalement-urbain-a-montreal

Nouvelles idées pour protéger les logements abordables et sociaux

24 Jan

L’Institut de recherche et d’informations socioéconomiques (IRIS) propose de nouvelles idées pour conserver un parc de logements abordables et sociaux en dehors du marché de la spéculation. Bonne lecture.

https://www.journaldemontreal.com/2019/01/23/trois-strategies-anti-gentrification

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NOUVELLES LUMIÈRES DE RUES DEL : PLAIGNEZ-VOUS AU 311 ET AUX ÉLUS DE VOTRE ARRONDISSEMENT !

22 Jan

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La Ville de Montréal est en train de remplacer nos lumières de rues actuelles de couleur jaune-orangée par des DEL de couleur blanche. Tout un changement d’ambiance !

J’habite Rosemont-Petite Patrie. Il suffit de se rendre au coin de la 8e avenue et de Rosemont pour voir, d’un coté un éclairage apaisant et efficace et de l’autre des lumières aveuglantes, qui éclairent peu les trottoirs et la chaussée…Sur Rosemont, on ne voit pas où on met les pieds et c’est maintenant risqué de traverser la rue aux intersections puisque les automobilistes ne voient pas plus que nous…!

Ces nouvelles lumières DEL, avec un contenu de couleur bleue plus fort, présentent aussi un risque pour la santé en affectant notamment la qualité de notre sommeil…Elles sont par ailleurs reliées les unes aux autres par un réseau de télécommunications à radiofréquences, autre menace potentielle à la santé !

Avez-vous été consulté sur ce projet ??? NNNNON !

Vous voulez en savoir plus ? Communiquez avec nous, nous pouvons organiser une brève séance d’informations sur le sujet.

Entretemps, vous pouvez vous plaindre à la Ville de Montréal en composant le 311 ou directement à votre arrondissement et exiger que les citoyens du quartier soient consultés sur le type de luminaires à installer et informés sur les impacts du réseau de télécommunications à radiofréquences.

Johanne Dion

 Agir pour que les citoyen-nes soient consulté-es
sur les projets qui impactent la qualité de leur milieu de vie !

 

Des lectures essentielles

21 Jan

Bonsoir

De belles et bonnes lectures

Au fil de nos derniers messages que nous voulons courts, nous n’avons pu vous signaler ces articles.

Un éditorial du Devoir de ce matin qui soulève le besoin de nouvelles approches en fiscalité https://www.ledevoir.com/opinion/editoriaux/545681/fiscalite-une-taxation-plus-efficace?utm_source=infolettre-2019-01-17&utm_medium=email&utm_campaign=infolettre-quotidienne

Un article sur la taxe scolaire de l’ex-journaliste Jean-Pierre Proulx qui a présidé longtemps le Conseil supérieur de l’éducation. Selonlui, Le projet de loi no 3 du gouvernement Legault élude la vraie question. https://www.ledevoir.com/

L’opposition officielle exige des mesures plus sévères pour la surveillance des entreprises qui ne respectent pas leur contrat. C’est bien de faire payer un supplément mais pas de leur confier le choix des surveillants;

https://www.lapresse.ca/actual

Une pétition qui donne un résultat positif: la compagnie CAMECO qui ne voulait pas payer ses impôts

http://www.taxfairness.ca/en/blog/cameco-ruling-shows-need-outlaw-tax-haven-use

Et pour terminer: Merci aux employés de la ville en cette période où le travail à l’extérieur n’est pas facile!

Bonne soirée, Pierre Pagé, Johanne Dion, Lucille Mallette et jeanie Baudchon our

Montréal pour tous.

Beaucoup d’actions en vue

21 Jan

Bonjour

1) Réservez votre soirée du 2 avril: nous préparons une assemblée citoyenne le 2 avril prochain au Théâtre Rialto sur un thème de grande actualité: la récupération des sommes volées aux contribuables de Montréal par la corruption-collusion. Déjà le Juge Rolland qui a présidé le programme québécois de remboursement volontaire est prêt à participer ainsi que le journaliste André Cédilot qui a collaboré à la Commission Charbonneau et le professeur de science politique Denis St-Martin qui suit de près ces questions. Reste à trouver un représentant de la Ville de Montréal.

2) Une stagiaire de la mi-janvier au début avril: nous avons obtenu une jeune stagiaire de l’UQAM en communication. Delphine Gagnon nous aidera à préparer la soirée du 2 avril, à mieux utiliser les réseaux sociaux et notre site internet et à améliorer notre recherche de dons! Nous avons pris le risque de lui assurer un « salaire » en prenant une partie de notre réserve de l’an dernier mais il nous reste à trouver des dons pour compléter le tout.

3) Des assemblées sur le rôle foncier 2020-2022 dans plusieurs quartiers. Suite au succès en 2017 de l’assemblée organisée par nous avec le Directeur du Service de l’évaluation foncière, M. Bernard Côté sur le rôle foncier, nous avons convaincu M. Côté puis M.Benoît Dorais, président du Comité exécutif, de reprendre de telles assemblées dans plusieurs arrondissements et avec leur soutien. Nous allons suivre cela de près pour que cela aboutisse.

4) Une de nos membres a produit tout un dossier sur la mise à niveau de l’éclairage à Montréal et son système intelligent de gestion, avec ses dimensions de coûts, d’urgence de réalisation, de santé publique, de sécurité dans nos rues, de consultation des citoyens. Des membres ont questionné lors de l’assemblée le Maire de Rosemont-Petite-Patrie, d’autres vont aller à celle du Plateau le 2 février. Plus de détails bientôt.

Bonne fin de journée.

Pierre Pagé, Johanne Dion, Jeanie Baudchon et Lucille Mallette pour

Montréal pour tous

Beaucoup de dossiers très chauds à Montréal

21 Jan

Bonjour,

Hausses importantes des loyers des ateliers d’artistes, hausses importantes des loyers de petits commerces, dans plusieurs arrondissements dont Rosemont-Petite-Patrie, Outremont, expulsion de 40 locataires dans St-Henri, grand projet dans Centre-sud, et tout cela, par des promoteurs immobiliers.

Montréal Pour Tous veut être beaucoup plus actif sur ces dossiers et prendre part à des coalitions. Qui veut donner un coup de main dans ce dossier?

Plus de détails sur les ateliers d’artistes au

http://plus.lapresse.ca/screens/68452219-a9b8-4233-b86d-0747534c22a0__7C___0.html?utm_medium=Email&utm_campaign=Internal+Share&utm_content=Screen

Des voeux en ce début de 2019

21 Jan

Bonjour, bonsoir,

Nous espérons que vous avez bien terminé l’année et que vous avez bien amorcé la nouvelle.

Notre comité de coordination profite de l’occasion pour vous souhaiter plein de bonnes choses en 2019, dont la suivante: que nous progressions ensemble vers une Ville de Montréal pour toutes et tous, où chacun puisse continuer de profiter de son chez soi, de ses parents, voisins et amies.

Nous avons repris notre travail bénévole en préparant une soirée citoyenne bientôt au Théâtre Rialto. Nous avons retenu un thème de grande actualité à l’heure des procès de l’ancien Président du Comité exécutif Frank Zampino et des fraudeurs du Faubourg-Contrecoeur et des compteurs d’eau: la récupération des sommes volées aux contribuables par la corruption-collusion. Déjà le journaliste André Cédilot qui a collaboré à la Commission Charbonneau est prêt à participer avec le professeur de science politique Denis St-Martin qui suit de près ces questions.

Nous profitons de l’occasion pour vous remercier de votre appui précieux, dont celui de nous aider à recruter votre voisine, votre beau-frère, votre ami-e pour recevoir notre infolettre. Sans une pression accrue de la part d’un plus grand nombre de montréalais-es, nos demandes resteront lettre morte. Souhaitons-nous de belles surprises à la baisse en cette année clé où un nouveau rôle foncier sera connu en septembre prochain.

Pierre Pagé, Lucille Mallette, Johanne Dion, Jeanie Baudchon, pour

« Montréal Pour Tous » 

 

Retour des expos: des repères pour ne pas se faire avoir une 2e fois!

16 Déc

Montréal a payé 15 fois le prix pour le stade olympique, puis des arnaqueurs ont profité de fraudes remarquables. Voici un article de Patrick Lagacé dans le journal  La Presse de cette fin de semaine du 15 décembre 2018. Intitulé « La description du mot « stratagème » » il met en lumière les coins très sombres des projets du même genre pour les fonds publics, donc pour nos taxes.

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Ou le voici:

Je suis sceptique face à cette fièvre qui nous annonce le possible retour du baseball à Montréal parce que je suis un lecteur régulier du blogue de Neil deMause.

Le blogue porte le nom de Field of Schemes et il décortique les nombreux stratagèmes déployés par les ligues de sport professionnel pour arracher des fonds publics afin de se faire construire des stades.

Et pendant que Montréal rêvait bruyamment cette semaine que le club de Tampa Bay quitte la Floride pour venir jouer ici, à la faveur d’un bras de fer entre le propriétaire de l’équipe et la Ville de St. Petersburg, le blogueur Neil deMause, lui, a écrit ceci, jeudi, aux fans de Montréal : ça n’arrivera pas !

Il a décortiqué non seulement le bail liant la Ville de St. Pete aux Rays pour l’occupation du vieux stade, le Tropicana Field, mais également l’annexe au bail, signée en 2016.

Pour faire court, le bail St. Petersburg–Rays fait rêver les amateurs montréalais parce qu’il prévoit des pénalités somme toute modestes, si les Rays s’avisent de quitter le Tropicana Field avant 2027…

Mais l’annexe, elle, prévoit que ces pénalités s’appliquent si les Rays veulent quitter St. Petersburg pour aller jouer à deux endroits et deux endroits seulement : dans deux comtés du coin, Pinellas ou Hillsborough.

That’s it. Montréal, Charlotte ou Oulan-Bator ? Nope, impossible pour les Rays de déménager ailleurs qu’à Pinellas ou Hillsborough…À moins que le baseball majeur ne souhaite s’enliser dans une bataille judiciaire à l’issue incertaine et envoyer le message que les équipes des ligues majeures ne respectent pas leurs contrats avec les villes qui se saignent pour accueillir des clubs.

« Je dirais aux gens de Montréal d’être patients, et même d’être très, très patients, m’a dit Neil deMause lors d’une entrevue, vendredi. Je ne vois pas les Rays quitter St. Petersburg avant 2027. Et je ne vois pas d’expansion avant la seconde moitié des années 2020. »

Oh, c’est ici que je dois vous présenter Neil deMause : en 1998, avec sa coauteure Joanna Cagan, il a publié un livre devenu célèbre sur les méthodes utilisées par les ligues de sport professionnel pour faire cracher aux villes et aux États américains de l’argent public : Field of Schemes, réédité en 2008. Parmi ces méthodes, en voici deux qui devraient attirer l’attention des Québécois :

1) le chantage au déménagement ;

2) l’utilisation d’études de marché aux promesses aussi spectaculaires que fausses sur les retombées économiques et médiatiques générées par un club de sport.

Commençons par le chantage au déménagement…

L’industrie du sport professionnel a réussi à faire croire au public qu’une équipe de sport était plus qu’une entreprise privée profitable au sein de ligues aux chiffres d’affaires astronomiques (revenus du baseball majeur en 2017 : 13 milliards CAN) : « Une équipe est désormais vue comme un bien public », dit Neil deMause.

Les titans du sport font donc du chantage au déménagement. Elles disent aux villes, aux États, aux provinces : si vous ne payez pas pour nos stades, nous allons déménager. Elles savent que les élus pourraient devoir payer un prix politique pour avoir « perdu » un « bien public ».

Bâtir un stade coûte extrêmement cher, rappelle Neil deMause. Le stade dont rêve le propriétaire des Rays, à Ybor City, de l’autre côté de la vieille baie de Tampa, coûterait par exemple 900 millions US.

« Pour qu’un stade soit rentable, il doit être construit à coût modique, ou alors abriter plusieurs équipes, dit Neil deMause. Ou être le centre d’un projet immobilier d’envergure. Donc, pour une équipe professionnelle, obtenir un stade payé par les fonds publics, en tout ou en partie, est une façon d’avoir des subventions. »

Et ce qui est utile, quand on fait du chantage au déménagement, c’est justement d’avoir une ville prête à accueillir votre équipe, comme Québec, qui attend depuis 1995 ses Nordiques 2.0, et comme Montréal, qui rêve aux Expos 2.0. Beaucoup de villes en Amérique du Nord attendent l’arrivée d’un club de sport professionnel et servent ainsi d’épouvantail pour faire du chantage au déménagement.

Bref, que le nom de Montréal circule comme destination éventuelle des Rays de Tampa est un classique du livre de jeux des patrons de ligues professionnelles quand ils tentent d’arracher de meilleures conditions aux autorités locales…

L’autre stratagème dans l’arsenal des équipes professionnelles pour soutirer des fonds publics aux élus, c’est de faire miroiter d’énormes retombées, en activité économique et en visibilité.

C’est ici qu’entrent en scène des firmes de consultants qui font des études de marché « prouvant » ces retombées mirobolantes.

Neil deMause n’y croit jamais : « Il y a toute une industrie de consultants dont le modèle d’affaires est de dire aux gens qui les embauchent ce qu’ils veulent entendre. La plupart font des rapports extrêmement optimistes pour les retombées en visibilité et en argent. »

L’une des firmes de consultants les plus connues s’appelle Conventions, Sports & Leisure International (CSL). Sur son blogue, deMause s’est souvent moqué des prévisions de CSL et a souvent critiqué ses erreurs, par exemple une exagération de 66 % de l’activité économique d’un nouveau stade de soccer à Washington…

En 2016, Neil deMause a intitulé un billet de son blogue sur CSL comme suit (ma traduction) : « La firme de consultants toujours dans le champ dit à la Ville de Knoxville de dépenser 200 millions pour l’aréna de son club de hockey mineur. »

La firme CSL « est une joke » pour deMause, une firme qui dit ce que les gens qui paient CSL veulent bien entendre quant au miracle économique qui sera généré par l’arrivée – ou le maintien en ville – du club qu’ils parrainent.

J’y pense, le groupe de promoteurs montréalais qui souhaite un retour du baseball à Montréal a justement présenté les conclusions cette semaine d’une étude qui démontreRAIT (restons au conditionnel) que Montréal est un marché absolument formidable pour le baseball…

Je rappelle que ce groupe de promoteurs, mené par Mitch Garber et Stephen Bronfman, met déjà la table pour une éventuelle contribution publique afin de favoriser le retour des Expos 2.0. On ne sait pas encore sous quelle forme.

Devinez quel est le nom de la firme de consultants qui a mené l’étude qui démontrerait que Montréal est un marché idéal pour le baseball majeur ?

Eh oui : CSL.

Je préfère pour ma part des études indépendantes. Je reviendrai sur le sujet ultérieurement.

Un mot sur le titre du blogue – et du livre – de Neil deMause, « Field of Schemes » : c’est un jeu de mots sur Field of Dreams, joli film de baseball créé par Hollywood, avec Kevin Costner. Field se traduit par terrain, dreams se traduit par rêves, schemes se traduit par stratagèmes. Terrain de rêves, terrain de stratagèmes, voyez le topo…Et stratagème, selon le Larousse, signifie : « Combinaison habile mise en œuvre pour obtenir un avantage. »