Budget PTI 2019 : vers une ville de Montréal pour tous?

2 Déc

Bonjour

Des représentants de Montréal pour tous ont participé activement aux travaux de la Commission des Finances durant les 2 dernières semaines. Voici des réflexions de notre point de vue de citoyens.

Montréal continue de changer grandement. Les prix des immeubles commerciaux et résidentiels sont poussés vers le haut, et parfois le très haut,. Par exemple, les valeurs des propriétés résidentielles unifamiliales et plex ont augmenté d’environ 6% en 2018; ces hausses font grimper les prix des loyers. La gentrification s’est étendue à plusieurs secteurs recherchés des arrondissements. Pendant ce temps les salaires et revenus des montréalais moyens n’ont guère bougé. En découlent des déplacements de population hors de leur logement, de leur quartier ou hors de la Ville, là où les prix sont moins élevés.

Les pouvoirs d’une ville pour contrôler le marché immobilier sont limités, mais elle peut prendre diverses mesures pour améliorer la situation de la majorité populaire. Et elle en prend, comme en font foi les mesures suivantes du budget 2019. Des ententes avec des promoteurs afin qu’ils incluent des unités de logement abordables et familiaux sont visées, des montants sont prévus pour l’achat et la décontamination de terrains pour l’accélération de la construction de logements sociaux et abordables.

La Ville consacre les sommes supplémentaires obtenues en augmentant les taxes résidentielles et non résidentielles à diverses dépenses qui visent à améliorer le sort de la majorité : augmentation impor-tante des sommes pour le transport en commun, à la réduction du déficit d’entretien des rues et artères, des réseaux d’aqueduc et d’eaux usées, des technologies de l’information. La surveillance des chantiers est accrue de beaucoup ainsi que le contrôle des logements insalubres et d’entreprises polluantes. Les aménagements verts des rues, places publiques, sorties d’école sont privilégiés. De gros investissements sur plusieurs années sont faits dans la cueillette des résidus alimentaires et autres déchets, la limitation des déversements toxiques à l’usine d’épuration, la lutte aux changements climatiques.

L’ensemble de ces dépenses nécessaires coûtent cher. Selon les responsables, elles ne peuvent être guère comprimées. Des économies sont à prévoir grâce, entre autres, aux mesures instaurées par le Service de la performance organisationnelle. Mais les revenus supplémentaires ne sont pas au rendez-vous, donc il n’est pas réaliste de donner un répit aux contribuables en gelant les augmentations de taxes. Ni de donner un répit aux contribuables les plus vulnérables en créant un fonds d’aide urgente.

Les mesures de ce budget 2019 pourront-elles inverser, ou plus réalistement, ralentir un peu les tendances à la gentrification? Et leurs corollaires que sont les ventes de leur propriété (de leur chez soi) par de petits propriétaires ainsi que les déménagements de locataires face aux hausses de loyer? Cela reste à voir. Pour les années à venir, des mesures encore plus costaudes seront requises.

Pierre Pagé, Jeanie Baudchon, Lucille Malette et Johanne Dion pour MontréalPourTous,

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